Belgian Financial Paper 2010

L’entrepreneur Laurent Mercier nous parle de son dernier achat,The Last Supper de David LaChapelle.

« C’est une pièce de musée. Je suis très fier d’avoir pu l’ajouter à ma collection. Ma femme trouvait d’abord la photo trop grande pour la salleàmanger, mais je suis parvenu à la convaincre d’acheter l’oeuvre et de l’y accrocher. Généralement, nous avons les mêmes goûts en matière d’art mais, cette fois-ci, nous n’étions pas d’accord. LaChapelle a réalisé une version contemporaine du thème ultra-classique de la Cène. Jésus est entouré de rappers et de hip-hoppers. L’oeuvre est tirée de la série « Jezus is my Homeboy », des photos d’inspiration religieuse trans- posées à notre époque. Avec ce genre demises en scène, LaChapelle dépasse le niveau du travail qu’il effectuait initialement pour des magazines tels que Vogue et The Face. D’ailleurs, saviez-vous qu’au tout début de sa carrière, il faisait des photos pour Interview, le magazine de son maître à penser, Andy Warhol ? Aujourd’hui, il ne travaille plus que sur des projets d’art, des films et des vidéoclips.

Je trouve que LaChapelle est un génie, car il combine esthétique et créativité de manière fantastique. A la maison, nous avons quelques autres photos spirituelles de LaChapelle, pour lesquelles ont posé Naomi Campbell, Pamela Anderson, Amanda Lepore et Gisèle Bündchen. Cela fait longtemps que mes enfants ne sont plus choqués lorsqu’ils voient ces photos. Ils ne se posent pas de questions sur la passion de leur papa.

Je préfèreme qualifier d’amateur d’art plutôt que de collectionneur. Je neme consacreàma collection que depuis 2005. C’est mon épouse, originaire de Knokke, qui m’y a incité. Elle était déjà intéressée par l’art contemporain et m’emmenait régulièrement visiter les galeries. Et c’est devenu une passion. Aujourd’hui, j’ai des oeuvres de Ross Bleckner, Sue Williams, Peter Halley, Donald Sultan, Jonathan Lasker, BernardVenet et Jean Dubuffet. J’essaie de ne pas acheter plus d’oeuvres que je ne peux en exposer, mais ce n’est pas facile. Lorsque j’achète quelque chose, je ne prends jamais ses dimensions. De même, je ne sais jamais à l’avance à quel endroit j’accrocherai l’oeuvre. De retour à lamaison, nous sommes parfois confrontés à des surprises.

Mon autre dada, c’est les livres d’art. J’essaie de m’informer le mieux possible sur«mes » artistes et je me rends à Art Basel, Tefaf et Art Brussels. Je n’ai jamais réussi à aller à Art Miami, car ça tombe toujours pendant les examens de mes enfants. De même, je garde à l’oeil les grandes ventes aux enchères. Cela peut sembler barbare, mais les catalogues de ventes aux enchères sont souvent de qualité muséale. Les pièces qui sont vendues chez Christie’s, Sotheby’s et Philips de Pury sont souvent plus belles que celles qui sont exposées au MoMa. »

David LaChapelle (47) est un photographe américain connu pour ses photos surréalistes pleines de références à la religion, au sexe, au kitsch et au pop art. Il a commencé sa carrière dans le magazine Interview d’Andy Warhol, mais a également collaboré avec Vanity Fair, Rolling Stone, Vogue, The Face, I-D et GQ. LaChapelle est devenu hyper célèbre grâce à ses portraits glossy. Outre son activité de photographe, il realize des films et des clips, notamment pour Elton John, Moby et Christina Aguilera.

INTERVIEW: THIJS DEMEULEMEESTER
PHOTO: LIEVEN DIRCKX

Download PDF (152 K)