Connaissance Des Arts October 2014

Pour Julien Frydman, directeur de Paris Photo depuis quatre ans, la nouveauté que l’on peut attendre d'un salon se mesure autant « dans le travail des artistes et les œuvres proposées à la vente » que dans l'internationalisation de la foire. Trente-cinq pays sont ainsi présents, pour vingt-quatre l’an passé, avec pour la première fois, des galeries d’Arabie Saoudite, du Chili, de Turquie ou de Taïwan. Ce facteur atteste de la compétition mondiale du marché de la photographie, encore loin de la maturité. « Nous sommes même au début d’une accélération de la croissance de ce marché, les artistes contemporains se vendent de plus en plus cher et certains collectionneurs, qui ne pensaient pas à la photographie, la regardent avec plus d’intérêt, conscients de la centralité de l’image, tant dans les démarches artistiques actuelles que dans les yeux du public. »

Outre ses cent quarante-et-un galeries et vingt—six éditeurs, Paris Photo présente aussi les dernières acquisitions des musées, avec le Salon d'honneur du Grand Palais dévolu au MoMA de New York, ainsi que des collections privées, telle la Fondation Alkhazi et ses clichés du début du siècle en Inde, ou encore le prix BMW 2014, décerné au duo Mazaccio & Drowilal, dont on a pu admirer le kitsch provocateur cet été à Arles. La foire se caractérise par cette mise en perspective de pépites scientifiques ou historiques avec des noms plus médiatiques, à l’exemple de David LaChapelle sur le stand de Daniel Templon, et s’illustre par le nombre de solo shows, au total de vingt cette année. L'écart est fascinant entre l’apparent classicisme d'Éric Poitevin (chez Peter Freeman), la limite du bon goût prônée par Leslie Krims (chez Paci) ou les travaux de la première correspondante de guerre Margaret Bourke-White (chez Daniel Blau), témoignant de la variété de ce médium.

Paris Photo, Grand Palais, avenue Winston-Churchill, 75008 Paris, du 13 au 16 novembre.

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